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Randonnée à Malte : les meilleurs itinéraires sur les trois îles

On ne pense pas à Malte quand on cherche une destination de randonnée. On y pense pour la lumière, pour les vieilles pierres couleur miel, pour la mer. Et puis on arrive, on sort des zones touristiques, on prend un sentier côtier, et on comprend que l’archipel réserve aux marcheurs des paysages que les autres ne verront jamais. Des falaises à deux cents mètres au-dessus de la Méditerranée. Des criques accessibles uniquement à pied. Une campagne gozitane qui sent le thym et le fenouil sauvage. Ce guide rassemble les itinéraires les plus beaux sur les trois îles, avec les données pratiques pour préparer chaque sortie.

Dans cet article :

  • Les meilleures randonnées sur l’île de Malte
  • Les itinéraires à ne pas manquer à Gozo
  • Le tour complet de Comino
  • Les conseils pratiques pour randonner dans l’archipel
  • Les réponses aux questions fréquentes

Malte, une destination surprenante pour les randonneurs

Un relief modéré, mais des paysages côtiers spectaculaires

Malte n’est pas une île de montagne. Son relief est façonné par la tectonique des plaques africaine et européenne, ce qui lui donne un substrat calcaire stratifié, des falaises abruptes et des plateaux ouverts sur la mer. Le point culminant de l’archipel se situe à 250 mètres au-dessus de la Méditerranée, au niveau des falaises de Dingli. Ce n’est pas vertigineux, mais c’est suffisant pour offrir des panoramas saisissants.

Ce qui rend la randonnée à Malte particulière, c’est précisément cette absence de haute montagne. Les dénivelés restent raisonnables, les sentiers ne demandent pas d’équipement technique, et la quasi-totalité des itinéraires longe le littoral. On marche au bord du vide, avec la mer en contrebas, sans jamais avoir besoin de cordée ni de guide.

Quelle saison choisir pour randonner à Malte ?

La saison compte énormément sur ces sentiers exposés. L’île ne dispose d’aucun couvert arboré digne de ce nom : on marche en plein soleil, dans un paysage ras, souvent balayé par le vent.

Le printemps (mars à mai) est la meilleure période. Les falaises se couvrent de thym, de fenouil sauvage et de chardons. Les températures restent douces, la lumière est belle, et les sentiers sont peu fréquentés. L’arrière-saison (septembre-octobre) convient aussi, avec des journées encore ensoleillées mais moins éprouvantes.

En été, la randonnée reste possible à condition de partir tôt le matin ou en fin d’après-midi. Emporte davantage d’eau que tu ne penses en avoir besoin : il n’existe pratiquement aucune fontaine sur les sentiers maltais. En hiver, l’île se prête à la marche dans un calme presque total, avec des températures autour de 12 à 20 °C et une lumière que les photographes connaissent bien.

Les plus belles randonnées sur l’île de Malte

Les falaises de Dingli, le sentier emblématique de l’archipel

C’est le parcours que tous les marcheurs de passage font, et il mérite amplement sa réputation. 9,3 kilomètres, environ 2h45, 187 mètres de dénivelé, niveau facile. Le sentier longe la crête des falaises sur toute la portion ouest de l’île, avec une vue dégagée sur la Méditerranée que rien n’obstrue.

Le départ se fait depuis le village de Dingli, facilement accessible en bus depuis La Valette. La petite chapelle de Sainte Marie-Madeleine marque le début du chemin. Orientées plein ouest, les falaises de Dingli sont aussi l’un des meilleurs spots de l’archipel pour observer le coucher de soleil : plan ta sortie en fin d’après-midi, la lumière prend des teintes chaudes que la pierre calcaire restitue à merveille.

Une variante prolonge le parcours jusqu’au Blue Grotto : compter 1h30 supplémentaire environ, avec des vues sur la Sicile par temps clair.

Le Coral Lagoon de Mellieħa, entre falaises et baignades

10,5 kilomètres, environ 3h, 130 mètres de dénivelé, niveau facile. Cette randonnée côtière dans le nord de l’île mêle marche et baignades : emporte maillot de bain et serviette. Le tracé passe par les plages de sable de Little Armier et White Tower, puis atteint le Coral Lagoon, un effondrement circulaire de la falaise que la mer a envahi. Le plafond de cette grotte côtière s’est ouvert par le haut, créant un bassin aux eaux bleu clair accessible à la nage ou, pour les plus téméraires, par un saut de sept mètres.

L’intérêt de faire ce parcours à pied : on échappe aux bateaux de touristes qui déposent directement les visiteurs sur place.

La traversée des Victoria Lines, de Baħrija à Pembroke

24 kilomètres, environ 7h, 422 mètres de dénivelé, niveau difficile. Ce parcours s’adresse aux marcheurs endurants. Il traverse l’île d’ouest en est en suivant une ligne de fortifications érigées par les soldats britanniques à la fin du XIXe siècle, classées depuis par l’Unesco. Le tracé passe par Mosta et son célèbre dôme, offre des panoramas successifs sur les deux côtes, et demande une bonne préparation physique et logistique. Un GPS ou l’application AllTrails est fortement recommandé : le balisage devient parfois incertain.

On peut aussi n’en parcourir qu’une portion, entre Bingemma Gap et Mosta par exemple, pour une sortie de trois heures plus accessible.

Randonner à Gozo : une île encore sauvage

Gozo est plus petite, plus rurale et plus verte que sa grande sœur. Elle séduit par son rythme lent, ses chemins de terre bordés de murets de pierre sèche, ses falaises côtières et une atmosphère que le tourisme de masse n’a pas encore effacée. Un ferry régulier relie les deux îles en vingt minutes : on peut y aller à la journée, même si séjourner sur place permet d’explorer l’île à un autre rythme.

La côte nord de Gozo, de Marsalforn à Mġarr

13,7 kilomètres, environ 3h50, 181 mètres de dénivelé, niveau moyen. Ce tracé longe la côte nord de l’île depuis la station balnéaire de Marsalforn, passe par la baie de Ramla avec sa plage de sable rouge, et rejoint le port de Mġarr. Il traverse des zones encore sauvages, peu balisées, où le sentier suit la falaise au plus près de la mer. En chemin, on peut faire un détour par les salines de Qbajjar, encore exploitées par quelques sauniers, et par la calanque de Wied Ghasri, un étroit goulet qui s’ouvre sur la mer.

Xlendi et les falaises de Sanap, le bout du monde gozitan

Xlendi est un village posé au fond d’une baie, calme et facile d’accès depuis le port. De là, un sentier remonte vers les falaises de Sanap, qui surplombent la mer à plus de 150 mètres. C’est l’une des randonnées les plus impressionnantes de l’archipel : peu de monde, beaucoup de vent, des panoramas à chaque virage. Compter environ deux heures aller-retour pour atteindre Sannat en suivant la côte. Le dénivelé est progressif, sans passage exposé franchement dangereux, mais le sentier peut être glissant par temps humide.

Le tour de Comino, une boucle nature sans voiture

10 kilomètres, environ 2h50, 129 mètres de dénivelé, niveau facile. Comino est la plus petite des îles maltaises, la moins connue, et peut-être la plus attachante. Aucune voiture n’y circule. On y compte environ 300 espèces de plantes, dont des buissons de thym sauvage, du cumin et du fenouil qui parfument chaque pas.

Une traversée en bateau depuis Mġarr (Gozo) ou depuis Ċirkewwa (Malte) permet d’y accéder. Le tour complet de l’île prend moins de trois heures de marche pure, mais prévoir une journée entière pour profiter des baignades : le Blue Lagoon, dont les eaux turquoise ont rendu l’île célèbre, est l’étape à ne manquer sous aucun prétexte. Comme le tracé fait le tour complet, le point de départ importe peu.

Conseils pratiques pour randonner à Malte

Applications et cartes hors ligne indispensables

Le réseau de sentiers maltais n’est pas uniformément balisé. Sur certains tronçons, le balisage disparaît complètement. Deux applications méritent d’être téléchargées avant de partir : AllTrails (version gratuite ou payante), qui recense la plupart des itinéraires de l’archipel avec les tracés GPS, et Maps.me, gratuite et très fiable pour la navigation hors ligne.

Dans les deux cas, télécharge les cartes en mode hors ligne avant de partir : la couverture réseau sur les sentiers côtiers est parfois inexistante. Google Maps peut compléter l’ensemble, mais son catalogue de sentiers de randonnée reste limité.

Équipement, eau et sécurité sur les sentiers

Les sentiers maltais sont majoritairement calcaires et rocheux. Des baskets fermées suffisent pour les parcours faciles, mais une chaussure de randonnée légère apporte plus de confort sur les itinéraires longs. L’eau est le point critique : aucune source, aucune fontaine sur les sentiers de l’archipel. Prévoir au minimum un litre par heure de marche en été, et ne pas sous-estimer les conditions en intersaison.

Le réseau de bus maltais dessert quasiment tous les points de départ de randonnée. Bolt (VTC) fonctionne bien sur l’île principale pour atteindre les départs moins accessibles. Pour Gozo et Comino, le taxi privé reste la solution la plus pratique depuis le port.

FAQ : randonnée à Malte

Peut-on randonner à Malte sans voiture ?

Oui, sans difficulté majeure. Le réseau de bus maltais est dense et couvre la grande majorité des villages et des points de départ des randonnées. L’application Google Maps permet d’anticiper les trajets. Bolt complète l’offre pour les départs moins desservis. Pour Gozo, des bus locaux circulent entre les villages depuis le port de Mġarr.

Malte est-elle un bon endroit pour la randonnée ?

Malte surprend ceux qui viennent avec des attentes de haute montagne. Ce n’est pas la Corse ni les Pyrénées. Mais pour qui cherche des sentiers côtiers sauvages, des falaises spectaculaires et une nature méditerranéenne intacte, l’archipel offre une qualité de paysages rare à portée d’un vol de deux heures trente depuis la France. Gozo, en particulier, réserve des itinéraires d’une beauté discrète que peu de voyageurs connaissent.

Quels sont les inconvénients à Malte pour les randonneurs ?

Trois points méritent d’être anticipés. Le balisage est inégal : certains sentiers sont parfaitement tracés, d’autres demandent une application GPS pour ne pas se perdre. L’ombre est quasi inexistante sur tous les itinéraires côtiers, ce qui rend les sorties d’été éprouvantes en pleine journée. Enfin, l’absence de points d’eau sur les sentiers impose d’emporter ses réserves dès le départ. Ces contraintes sont surmontables avec une bonne préparation, et elles n’entament pas la qualité intrinsèque des paysages.

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